GRAND-MERE !

Assise dans un profond fauteuil la grand-mère ne quittait pas des yeux l’allée menant à sa porte. L’attente était si longue, elle était là depuis des heures. Elle n’avait pas froid ses jambes étaient recouvertes d’un plaid écossais et reposaient sur un tapis usé jusqu’à la trame.

La vie s’écoulait monotone ici. Mais ce matin l’annonce d’une visite l’avait surprise et elle se sentait impatiente et fébrile. Elle n’avait pas fait sa petite sieste réparatrice, trop énervée pour cela. Un e visite ! Qui ? Elle commençait à douter ? Le temps si beau jusque là s’était gâté. Le ciel s’était couvert et de grosses gouttes de pluie tombaient chassant les oiseaux et surtout son ami fidèle le petit rouge-gorge à l’œil rond qui venait jusque dans sa main chercher quelques graines.

En plus il faisait froid, un froid de canard. Pour un mois de mars ce n’était guère surprenant, c’était encore l’hiver !

Simone triturait son mouchoir, resserrait son étole sur ses épaules et scrutait la rue aussi loin qu’elle le pouvait.

Une voiture approchait du portail, s’arrêtait un instant et pénétrait doucement dans la cour pavée pour s’arrêter devant le perron.

Simone s’interrogeait. Je ne connais pas cette belle automobile. A qui peut-elle appartenir ? Carrosserie noire, chromes étincelants. Simone appréciait les belles choses !

Une portière s’ouvrait doucement et un gamin suivit d’une élégante jeune femme grimpa quatre à quatre l’escalier de pierre en criant :

Mamie, mamie, c’est moi, bonne fête, bonne fête !

Fabienne VACAVANT

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