Un double échec budgétaire et démocratique

Le jeudi 27 mars 2025 est une date à bien retenir à double égard :
– Un échec budgétaire de la majorité
– Un échec tout simplement de la démocratie

Pourquoi un échec budgétaire

La municipalité a longuement détaillé le désendettement avant de présenter les chiffres clés de son plan d’investissement pour 2025. Après 45 minutes d’exposé, les élus ont enfin pu poser leurs questions, révélant plusieurs constats majeurs :

  1. Désendettement accéléré mais déséquilibré
  • La capacité de désendettement est de 2 ans, bien en dessous du seuil critique fixé à 9 ans.
  • Une telle politique limite l’autofinancement et empêche des investissements équilibrés.
  1. Chute préoccupante de l’autofinancement
  • Passé de 410 k€ en 2022 à seulement 18 k€ en 2024, mettant en péril la capacité d’investissement.
  • Depuis 4 ans, les dépenses d’investissement dépassent largement les recettes :
    • 2021 : -1,00 M€
    • 2022 : -1,33 M€
    • 2023 : -2,15 M€
    • 2024 : -1,75 M€
  • La section de fonctionnement compense ce déficit via des transferts comptables.
  1. Investissements déséquilibrés
  • Analyse des comptes municipaux sur 2020-2024 en ciblant 3 gros centre d’interêt pour Etréchy:
    • 90 % des investissements pour le stade
    • 5 % pour le COSEC
    • 5 % pour la salle Jean Monnet
  1. Ratios financiers et alerte sur l’emprunt
  • Le ratio d’autofinancement atteint 141 %, dépassant largement le seuil critique de 100 % qui impose normalement un recours à l’emprunt.
  • La municipalité refuse néanmoins de contracter un emprunt, contrairement aux recommandations des indicateurs et de l’État.
  1. Quelles alternatives ?
  • Réduction des frais de personnel : difficilement envisageable, les prévisions atteignent un niveau record depuis 2016.
  • Diminution des subventions aux associations : impossible, le budget 2025 prévoit une hausse de 10 %.
  • Optimisation des services communaux : une nécessité ignorée par la municipalité. Le COSEC, premier poste de dépense de fonctionnement parmi les trois principaux centres d’intérêt (COSEC, salle Jean Monnet, stade), demeure une véritable passoire énergétique. Pourtant, les efforts se sont limités au remplacement de la chaudière, une mesure de maintenance préventive qui ne règle en rien le problème global d’isolation et de gaspillage énergétique.
  • Augmentation des impôts : un sujet soigneusement évité par la municipalité, qui insiste sur une stabilité en 2025… mais qu’en sera-t-il en 2026 ?

Pourquoi un échec de la démocratie ?

Le Conseil municipal de cette session était composé de :

  • 21 élus de la majorité (présents et pouvoirs confondus).
  • 8 élus de la minorité (présents, 1 absent chronique et des pouvoirs).

Le principe d’un Conseil municipal est d’offrir un cadre démocratique permettant :

  • d’être informé sur les sujets nécessitant une délibération,
  • d’être tenu au courant des décisions modificatrices du Maire lorsque celles-ci portent sur des montants inférieurs à 200 000 €, seuil en deçà duquel il peut engager des dépenses sans vote du Conseil grâce à une délégation de signature,
  • d’écouter et d’analyser les questions orales des citoyens et des élus, ainsi que les réponses apportées par le Maire.

Dans tous les cas, un débat démocratique doit avoir lieu. Pourtant, lors de cette séance du 27 mars, après un long exposé budgétaire, il est frappant de constater qu’aucune question n’a été posée par la majorité ni par nos collègues minoritaires. Depuis près de trois ans, seules trois personnes prennent la parole pour expliquer leur choix de vote, tandis que les 26 autres valident systématiquement les décisions et délibérations sans réserve.

Forte de cette cohésion silencieuse, la majorité a ensuite orchestré une série d’attaques sur notre analyse du budget.

  • Le Maire, monopolisant la parole, s’est lancé dans des explications d’une telle longueur que nous avons eu une pensée pour le secrétaire de séance chargé d’en faire la synthèse. Mais comme il lui plaît de répéter que les PV sont modifiés pour une meilleur compréhension du lecteur…
  • Un adjoint a systématiquement interprété nos propos de manière erronée, en les reformulant à l’opposé de ce que nous avions exprimé.
  • Des conseillers municipaux de l’ancienne mandature, aujourd’hui élus, se sont étonnamment manifestés lorsqu’ils ont entendu de la bouche du Maire que leur propre équipe n’avait rien investi par le passé. Paradoxalement, leur intervention appelait à se recentrer sur l’analyse budgétaire… ce qui était précisément l’objet de notre intervention.

Tout a donc été mis en œuvre pour éviter un véritable débat démocratique. Le Maire aurait pu faire appel au Directeur des services généraux, qui peut prendre la parole si on l’y autorise, pour apporter une contradiction technique à notre analyse ou à l’adjoint au finance qui si nous ne l’avions pas interpellé serait resté muet tout au long du Conseil sur LE BUDGET. Mais aucun argument précis n’a été avancé contre notre démonstration.

Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la trajectoire budgétaire de ces cinq dernières années mènera inévitablement la prochaine équipe municipale à devoir augmenter les impôts. Un point que la majorité actuelle semble vouloir éluder… du moins jusqu’en 2026.

Conclusion :

Etréchy Ensemble et Solidaires a démontré que la gestion actuelle conduira inévitablement la future équipe municipale de 2026 à faire face à l’éventualité d’une augmentation des impôts. Cela ne signifie pas que nous aurions fait ce choix si nous avions été aux responsabilités, mais il est évident que la municipalité actuelle utilisera cet argument pour se défendre.

Accusés d’adopter une posture systématiquement opposée aux budgets successifs, nous répondons par une analyse technique chiffrée : nous ne pouvions cautionner une telle gestion, d’autant plus que malgré ce résultat préoccupant, les impôts avaient déjà été augmentés en 2022. Une décision prise alors que, selon le Maire lui-même, l’ancienne mandature n’avait pas investi. Deux hausses d’impôts en un seul mandat étaient donc aux portes de notre ville.

Le choix d’équilibrer systématiquement les dépenses d’investissement par le budget de fonctionnement n’est pas une solution viable. Etréchy Ensemble et Solidaires défend un principe de gestion responsable : chaque section budgétaire (fonctionnement et investissement) doit être équilibrée par ses propres recettes. De plus, les ratios imposés par l’État doivent être maîtrisés, ce qui, à ce jour, n’est pas le cas.

Enfin, nous ne contestons pas le fait d’être dans la moyenne nationale en matière d’endettement. Mais une bonne gestion ne consiste pas à être simplement un « bon élève » sur un critère isolé, elle repose sur une vision d’ensemble équilibrée et cohérente. Être rigoureux budgétairement, c’est bien. Gérer la commune de façon responsable en remplissant tous les critères d’une saine administration, c’est mieux. Et n’est-ce pas cela, au sens grec du terme, faire de la politique ?

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